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Murs à ossature bois et bottes de paille

paille

Murs à ossature bois porteuse avec remplissage de bottes de paille.

Il existe plusieurs variantes de cette technique où les bottes de paille sont plus ou moins autoporteuses, mais ces variantes sont moins souples du point de vue architectural, et peu pratiquées en France. L’utilisation des bottes de paille pour construire des habitats remonte à l’invention de la botteleuse agricole au XIXe siècle, et est attestée par de nombreuses constructions datant de cette époque aux Etats-Unis, pays où elles se comptent par milliers, certaines étant très luxueuses. En France, la plus ancienne, encore en parfait état, remonte à 1921, mais ce procédé ne se développe véritablement dans notre pays que depuis la fin des années 80 : on compte aujourd’hui une centaine d’habitats individuels de ce type, réalisés en autoconstruction.

La technique consiste à bloquer les bottes de paille entre les montants d’ossature, et à les stabiliser horizontalementpar des tasseaux cloués sur les montants qui évitent tout tassement. Une autre technique approchante consiste à fabriquer de grands cadres de bois dans lesquels viennent s’inserer les bottes de paille. Le murt est enduit sur ses deux faces, généralement sans grillage, de plâtre, de chaux-sableou d’argile-sable à l’intérieur, et de chaux-sable à l’extérieur.

Caractéristiques hygrothermiques

Les murs en bottes de paille, d’une épaisseur de 40 à 45 cm, présentent la meilleure résistance thermique connue (R=6 environ), et s’ils sont correctement mis en oeuvre, les ponts thermiques sont quasiments absents. L’inertie thermique est un peu inférieurs à celle des murs en fibres végétales et liant, mais on peut remédier à cette légère faiblesse par la conception des ouvrages intérieurs. Avec des enduits perméables à la vapeur d’eau, la respiration et la régulation hygrométriques des parois sont excellents.

Evaluation

Bilan écologique

  • Ressource : renouvelable. Valorisation d’un « sous-produit » agricole ;
  • Energie grise : quasiment nulle pour la paille produite localement, très faible pour le bois ;
  • Pollutions principales : aucune
  • Recyclage : après démolition, le bois peut être réemployé ou brulé, la paille compostée

Impact sur la santé

  • Pas de dégagements toxiques si le bois n’est pas traité ;
  • La paille compactée et recouverte d’un enduit minéral brûle très difficilement et très lentement, par manque d’oxygène. Elle ne propage pas le feu, et protège les ossatures en bois de l’inflammation ;
  • Les capacités de respiration et le volant hygrométrique de la paille compressée sont un facteur de confort mais aussi de santé ;

Commentaires

Une fois levés les freins tenant à l’absence d’avis techniques officiels, on voit mal ce qui pourrait empêcher cette technique de devenir une des toutes premières dans la construction écologique : aux qualités énumérées plus haut s’ajoutent la relative facilité de mise en oeuvre et une grande modicité du coût des matières premières.


Eléments de la paroi Epaisseur totale Résistance thermique de la paroi R (en m².°C/W) Coefficient de transmission thermique de la paroi U (en W/m².°C)
Monomur de bottes de paille de 45 cm sur ossature bois noyée + enduit 49 6 0.17

Les particuliers et professionnels passionnés de construction paille peuvent aller sur le forum dédié à cette technique sur le site COMPAILLONS . RENS AU 05.53.22.46.82

Murs en bois cordé

bois

Cette technique très ancienne au Canada et attestée aussi dans les pays danubiens et scandinaves, a été introduite en France dans les années 80 par François Tangay.

Elle est au départ une technique « pauvre » des régions forestières, qui permet d’utiliser les chutes de fabrication des maisons en rondins et les branches de peu de valeur économique.

La technique permet de réaliser des murs porteurs sur un niveau, d’une épaisseur de 30 à 40 cm.

Le bois, qui peut être du bois de chauffage préalablement écorcé et éventuellement refendu, est coupé à la longueur et mis à sécher pendant 3 à 4 ans minimum.


Caractéristiques hygrothermiques :

La technique du bois cordé, avec une épaisseur des parois de 40 cm environ, et un mortier de pose suffisamment allégé, apporte une résistance thermique équivalente à celle du mur de rondins de 20 cm sans doublage (la résistance thermique du bois dans le sens des fibres est environ 2.2 fois moindre que transversalement).

Les volants thermiques et hygrométriques sont appréciables, ce qui régularise la chaleur et l’humidité à l’intérieur, et procure un bon confort d’été.


Eléments de la paroi Epaisseur totale Résistance thermique de la paroi R (en m².°C/W) Coefficient de transmission thermique de la paroi U (en W/m².°C)
Mur en bois cordé en sapin de Douglas de 40 cm avec mortier isolant et remplisage médian de chènevotte de chanvre 40 1.62 0.33

Quelques précautions sont à prendre pour la mise en oeuvre :

  • couper les arbres sans sève (d’octobre à Mars),
  • d’écorcer les bois dès la coupe,
  • de protéger naturellement et rapidement les bûches soigneusement découpées,
  • et d’assurer un séchage dans de parfaites conditions pendant 3 ans minimum…