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Qu’est-ce qu’une isolation écologique ?

Tout isolant installé participe en principe à la préservation de l’environnement dans la mesure où il permet des économies de chauffage, voire de climatisation en été, et réduit donc le recours aux énergies non-renouvelables.

Mais l’impact d’un isolant, comme celui des autres matériaux d’un bâtiment, ne se réduit pas aux gains qu’il procure pendant son utilisation : c’est l’ensemble du cycle de vie du matériau, de sa production à son élimination, qui doit être pris en compte.

La France, prompte en 1974 à édicter des normes techniques pour les isolants (certificats RISOLE et de l’ACERMI), n’a considéré que les caractéristiques mécaniques et thermiques des matériaux pendant leur durée d’utilisation : rie’n pour la santé ou pour l’environnement.

Un quart de siècle plus tard, les préoccupations de l’époque sont toujours d’actualité, mais de nouvelles sont apparues, comme l’effet de serre, l’augmentation vertigineuse des déchets, les problèmes de pollution liés aux matériaux de construction ou encore les allergies.

La prise en compte de tous ces facteurs, et des autres impact sur l’environnement des matériaux et des modes de construction, et notamment d’isolation, doit intégrer l’impact de celle-ci sur l’environnement et la santé à toutes les étapes de son « cycle de vie » :

  • extraction des matières premières et transport primaire ;
  • fabrication ;
  • transport secondaire et mise en oeuvre ;
  • impact sur la santé des personnes occupant les locaux ;
  • durée de vie ;
  • devenir et possibilités de recyclage lors de la démolition.

La difficulté d’attribuer, à chaque matériau et pour chaque étape, à la fois une « note » pour le matériau et un coefficient pour l’étape considérée, rend la comparaison de certains matériaux particulièrement difficile en termes d’écobilan.

Murs à ossature bois et bottes de paille

paille

Murs à ossature bois porteuse avec remplissage de bottes de paille.

Il existe plusieurs variantes de cette technique où les bottes de paille sont plus ou moins autoporteuses, mais ces variantes sont moins souples du point de vue architectural, et peu pratiquées en France. L’utilisation des bottes de paille pour construire des habitats remonte à l’invention de la botteleuse agricole au XIXe siècle, et est attestée par de nombreuses constructions datant de cette époque aux Etats-Unis, pays où elles se comptent par milliers, certaines étant très luxueuses. En France, la plus ancienne, encore en parfait état, remonte à 1921, mais ce procédé ne se développe véritablement dans notre pays que depuis la fin des années 80 : on compte aujourd’hui une centaine d’habitats individuels de ce type, réalisés en autoconstruction.

La technique consiste à bloquer les bottes de paille entre les montants d’ossature, et à les stabiliser horizontalementpar des tasseaux cloués sur les montants qui évitent tout tassement. Une autre technique approchante consiste à fabriquer de grands cadres de bois dans lesquels viennent s’inserer les bottes de paille. Le murt est enduit sur ses deux faces, généralement sans grillage, de plâtre, de chaux-sableou d’argile-sable à l’intérieur, et de chaux-sable à l’extérieur.

Caractéristiques hygrothermiques

Les murs en bottes de paille, d’une épaisseur de 40 à 45 cm, présentent la meilleure résistance thermique connue (R=6 environ), et s’ils sont correctement mis en oeuvre, les ponts thermiques sont quasiments absents. L’inertie thermique est un peu inférieurs à celle des murs en fibres végétales et liant, mais on peut remédier à cette légère faiblesse par la conception des ouvrages intérieurs. Avec des enduits perméables à la vapeur d’eau, la respiration et la régulation hygrométriques des parois sont excellents.

Evaluation

Bilan écologique

  • Ressource : renouvelable. Valorisation d’un « sous-produit » agricole ;
  • Energie grise : quasiment nulle pour la paille produite localement, très faible pour le bois ;
  • Pollutions principales : aucune
  • Recyclage : après démolition, le bois peut être réemployé ou brulé, la paille compostée

Impact sur la santé

  • Pas de dégagements toxiques si le bois n’est pas traité ;
  • La paille compactée et recouverte d’un enduit minéral brûle très difficilement et très lentement, par manque d’oxygène. Elle ne propage pas le feu, et protège les ossatures en bois de l’inflammation ;
  • Les capacités de respiration et le volant hygrométrique de la paille compressée sont un facteur de confort mais aussi de santé ;

Commentaires

Une fois levés les freins tenant à l’absence d’avis techniques officiels, on voit mal ce qui pourrait empêcher cette technique de devenir une des toutes premières dans la construction écologique : aux qualités énumérées plus haut s’ajoutent la relative facilité de mise en oeuvre et une grande modicité du coût des matières premières.


Eléments de la paroi Epaisseur totale Résistance thermique de la paroi R (en m².°C/W) Coefficient de transmission thermique de la paroi U (en W/m².°C)
Monomur de bottes de paille de 45 cm sur ossature bois noyée + enduit 49 6 0.17

Les particuliers et professionnels passionnés de construction paille peuvent aller sur le forum dédié à cette technique sur le site COMPAILLONS . RENS AU 05.53.22.46.82